
Ka = fleur & Dō = voie
Le Kadō = la voie des fleurs
« L’art floral est né de l’observation de la nature et l’art floral est source de sens pour nous ramener à la Nature. »
À l’origine le Huadào en chinois ou Kadō en japonais, sont ce que nous appellerions un art sacré ou art contemplatif. Une application de l’art floral dans un dessein spirituel. Autrement dit, une pratique permettant d’utiliser notre connexion innée à la beauté pour nous relier au divin.
Dans de nombreuses spiritualités et religions, les arts contemplatifs sont considéré depuis longtemps comme voie d’éveil à part entière. Des enseignements spécifiques conduisent le pratiquant d’initiations en réalisations tout en créant des œuvres inspirantes.
Le Kadō, le Chadō, le Chodō, se sont ainsi retrouvés intégrés au Budō aux côtés de l’ensemble des arts martiaux japonais en tant que moyens habiles d’entraînement de l’esprit. Avec des fleurs, du thé ou un pinceau les guerriers trouvaient là une forme de méditation en action. Silence mental et mouvements s’unissent dans une discipline transcendante permettant d’équilibrer les énergies yin et yang. Faire des choix, poser une stratégie, créer du nouveau nécessitent des principes féminines et masculines saines et harmonieuses.
S’émerveiller est incontrôlable.
Notre cerveau est programmé pour identifier de façon directe trois situations : le danger, la nourriture et la beauté. Une fleur a ce pouvoir incroyable de couper notre blabla mental, de nous stopper pour la regarder. La beauté naturelle éveille l’intérêt de notre cœur qui entre alors en relation vibratoire avec elle. À la différence des beautés socialement codifiées, celle-ci éclaire notre intérieur au-delà des mots et des croyances.
La Voie (Dào) des fleurs se propose d’utiliser l’expression des végétaux et des principes de compositions florales de différents horizons, comme support d’exploration de nous-même et de prise de conscience de notre relation au monde.
Le Kadō est un art contemplatif, nous permettant de renouer avec l’émerveillement, l’harmonie et l’espace libre originel.
Sur la Voie des fleurs vous êtes l’alchimiste de créations végétales révélant l’or des vérités profondes en vous.

Qu’est-ce qu’une voie, dō ?
Définir le mot “fleur”, ou tout autre mot nommant le moyen habile utilisé pour cheminer et incarner une “voie”, est assez facile. Un pinceau, du thé, un arc, un sabre, notre corps, etc., nous pouvons visualiser l’objet et même comment l’employer.
Mais définir Dō, la voie ? Je dirais pour ma part, que c’est comme l’horizon qui s’éloigne d’un pas quand on en fait un vers lui.
Le Dào se cerne en reconnaissant ce qu’il n’est pas. En regardant dans le rétroviseur tout ce qu’on a laissé derrière soi à chaque étape de notre quête de sens.
La Tao-te Ching dit :
« Le Tao qui peut être énoncé n’est pas la véritable Voie.
Ce qui peut être nommé n’est que transitoire.
Cours à sa rencontre et tu n’en verras pas sa tête.
Suis-le tu ne verras pas son dos.«
Ce qui nous fait dire que pour les orientaux eux-mêmes, ce mot ne se laisse pas saisir mentalement.
Il nous faut donc changer de stratégie, de mode de perception, pour non pas le comprendre, mais le vivre.
Comme on le dit populairement : « c’est en forgeant que l’on devient forgeron« .

La Voie des fleurs est dans notre quotidien depuis l’aube de l’humanité
Le disciple sur la berge cria : “Maître, comment puis-je atteindre l’autre côté de la rivière ?”
Depuis la rive d’en-face, le maître lui répondit : “Tu es déjà de l’autre côté”.
Quand j’enseigne la Voie des fleurs, j’ai parfois l’impression de dire des lapalissades. Nous savons que les végétaux sont indispensables à notre existence, que nous ne faisons qu’un avec la Nature. Nous les avons incluses dans nos vies pour marquer les moments émotionnellement forts. Embellir, offrir, mais aussi soigner, nous rappeler notre nature profonde quelque soit notre culture notre spiritualité. C’est en cela que la Voie des fleurs n’est pas un « truc en plus ».
Tout comme la Nature fait s’épanouir des milliards de fleurs toutes différentes, notre raison d’être et de vivre sont uniques au monde. C’est ce qui nous amène à nous poser nombre de questions existentielles et se chercher soi-même. Aussi, mettre en relation notre vulnérabilité avec celle encore plus flagrante des végétaux est un rappel que chaque instant est précieux.
D’autre part, composer des arrangements de fleurs génère instinctivement des sentiments de joie et de paix.

« Regardons ceci : on pourrait dire que la Voie était là avant vous, avant que vous la nommiez ainsi, avant que vous songiez à vous y engager, n’est-ce pas ? Auquel cas ce que vous appelez « voie » n’est pas la Voie mais le moyen habile qui vous permet de l’explorer, l’étudier, la rencontrer, puis de l’incarner. La Voie serait ici incluse dans ce que vous appelez « Voie des fleurs » ou autre, ou même religion, car chacune a besoin de vous pour se manifester, être expérimentée. Mais vient le moment de la dissolution. Vous savez ? Quand les sages disent que celui qui réalise la voie, réalise qu’il n’y a pas de voie. Je dirais, que nous réalisons qu’il y a la voie sans « o ». »