Photo d'un arrangement floral de type Ikebana avec des branches de prunier en boutons et des tulipes. Un éventail sert d'accessoire décoratif témoignant de la pratique du Kado, la Voie des fleurs dans un centre bouddhiste.

Ikebana & Kadō

« Dans un Ikebana, l’élément principal est l’espace. Pour que nous puissions voir et nommer ce qui est transparent à nos yeux, il nous faut lui opposer ce qu’il n’est pas. » 

« L’intervalle vide entre deux choses (Ma dans l’esthétique japonaise) est l’espace laissé à l’émergence du sens, de la profondeur, de la rêverie, de la lumière. Ici, comprenez que « l’ikebana n’est pas dans ce que vous ajoutez dans la composition, mais dans ce que vous en retirez ». » 

Bannière menu separateur Véronique Villemagne. Le Kado, La Voie des fleurs.

L’Ikebana, patrimoine culturel du Japon 日本

Au 日本 (Nippon = là où naît le soleil), autant les femmes que les hommes, pratiquent un art floral sobre et silencieux, appelé Ikebana (= l’art de faire vivre les fleurs).

Cet art, comme de nombreuses disciplines absorbées et raffinées par la culture japonaise, est né en Chine. Importé entre les VIIIe et XIVe siècles, il a conservé les fondements de la vision chinoise inspirée du taoïsme, du confucianisme et du bouddhisme.

Étonnamment, l’Ikebana n’est reconnu patrimoine culturel immatériel par le gouvernement japonais que depuis décembre 2024. Par ailleurs, ces deux dernières décennies, nous voyons la Chine se repositionner comme source originelle philosophique et structurelle de ce type de compositions florales.

Actuellement les maîtres et enseignants d’art floral asiatiques voyagent et revisitent leurs pratiques à chaque étape de leur propre chemin. Chacun va teinter ses enseignements de ses acquis complémentaires. Ainsi apparaissent de nombreuses façons de transmettre en écho aux changements de paradigmes, de philosophies et de conscience actuels.

Après des siècles d’évolutions, voilà l’Ikebana faisant face à une nouvelle étape de reconnaissance et de développements nouveaux. 

L’enseignement de l’Ikebana au Japon

Sur l’archipel, cet art floral est transmis dans des dizaines d’académies structurées, aux côtés de centaines de dōjōs locaux. Vous pouvez également suivre des classes dans des temples, chez des maîtres et des artistes indépendants. Ou encore, bien souvent, cet art est simplement transmis dans le cadre familial depuis de nombreuses générations sans prétendre à devenir une lignée officielle. 

L’Ikebana est un art vivant !

Comme dans tout art floral, nous trouvons des formes traditionnelles codifiées aux côtés de créations contemporaines inspirées d’autres cultures. Ou encore des pièces artistiques monumentales comme d’humbles arrangements déposés dans le tokonoma du logis réalisé par vôtre hôte. L’Ikebana étant un art vivant il reflète la pensée, la vision, l’état intérieur du pratiquant et de la société.

Une multiplicité faisant que dans les moteurs de recherches, les résultats des requêtes “images d’Ikebana” peuvent nous surprendre. Il faut de la persévérance pour entraîner notre regard à capter les critères retenus par les instances japonaises pour estampiller “Ikebana” tel ou tel arrangement.

L’enseignement de l’Ikebana en France

Dans le chapitre « Sources et Ressources » de ce site je rassemble un répertoire de liens et contacts d’écoles et enseignants dans l’hexagone.

Les dates des ateliers, stages et retraites où j’enseigne sont réunies dans la page AGENDA.

L’Ikebana pour qui et pourquoi ?

Au fil des années d’enseignements, de stages et ateliers d’Ikebana, j’ai plaisir à accueillir plusieurs catégories de pratiquants et pratiquantes.
— Oui, avant tout, l’Ikebana n’est pas genré ! Voire, par sa proximité avec la pratique de la Voie du thé, la parité est une vraie richesse.

Vous reconnaîtrez-vous dans un ou deux de ces profils ?

La plupart du temps on vient vers l’Ikebana après avoir connecté avec la culture japonaise ou chinoise. Via les médias, un festival ou un voyage en Asie. Quelque fois parce qu’on a vu une démonstration ou une exposition d’ikebana.

On se sentira inspiré d’essayer une fois et la curiosité sera comblée avec cette seule séance. D’autres aiment ce style artistique, son mélange de rigueur et de créativité. Si vous vous sentez de ceux-là, vous aimeriez probablement vous engager dans un cursus technique et visuel évoluant avec vous et vos objectifs.

J’ai aussi des fleuristes professionnels qui cherchent à diversifier leur offre en exploitant mieux ce que l’on appelle le « style linéaire » directement inspiré de l’Ikebana. Des artistes qui souhaitent renouveler leur travail par le biais d’une autre esthétique, une autre façon de dialoguer avec l’espace.

Vous croiserez donc dans mes ateliers des pratiquants aux motivations variées ainsi que des étudiants d’autres écoles et lignées d’Ikebana.

« Venir pour quelque chose, puis continuer pour autre chose« 

Puis il y a celles et ceux qui aspirent à entrer profondément dans la Voie (Dō) des fleurs (Ka).
Il s’agit alors d’explorer les sources philosophiques et spirituelles de cet art floral contemplatif avec ou sans confession. Voir ce que l’on retire de cette pratique et sa discipline transcendante. Comment l’appliquer dans la vie quotidienne et le chemin intérieure.

Ici nous rejoignent des pratiquants de méditation, d’autres arts contemplatifs, d’arts martiaux, etc. Ainsi que ceux qui dédient leur pratique florale à leur autel dans un dōjō, un temple, une église, au service d’un lieu sacré ou liés à cette culture.

Enfin, il y a la sphère thérapeutique.
La réalisation d’un arrangement de fleurs se fera soit dans le cadre de séances d’art-thérapie, soit pour apporter une touche de beauté et un support de contemplation dans les espaces de soins.

Ma question pour vous sera toujours : en quoi puis-je vous aider ? À partir de quoi, j’adapte mes enseignements à vos aspirations.

Qu’est-ce qui caractérise l’Ikebana ?

L’Espace

Ce que l’on remarque en premier dans l’Ikebana c’est l’utilisation du vide comme élément essentiel. Avez-vous noté que nous remarquons beaucoup plus ce qui est absent que ce qui est présent ? Ne dit-on pas que la vérité se révèle en dessinant son contour ? Le non-dit, l’ellipse, donnent accès à bien plus de connaissances que le didactique.

Ni trop, ni trop peu de végétaux et une juste répartition des vides. À l’instar du sumi-ē et des estampes, par le jeu de l’espace creux entre les végétaux, appelé « Ma« , on parvient à accentuer les sensations de perspectives et profondeurs. Cela fait partie des techniques utilisées en Ikebana pour transformer la puissance de la présence d’un arrangement. Rassembler dans l’espace restreint de notre vase la synthèse de tout un univers, y compris les clairières où l’âme peut chuchoter à notre cœur.

L’asymétrie

La seconde caractéristique qui interpelle est la composition en asymétrie. Un triangle produit des effets de dynamique et le jeu des proportions inégales crée la hiérarchie. Entre les végétaux, l’environnement, le vase et la qualité du vide, le regard est invité à circuler d’un point à un autre.

Nous sommes happés par un voyage tranquille à la découverte d’un détail, d’un jamais vu. Ici, nous percevons que nous entrons dans un état de contemplation. Ce qui pourrait être vu comme du chaos, va être entendu comme équilibre ; celui d’une harmonie organique faisant écho à la nature. 

La nature telle qu’elle est

Un arrangement floral célèbre la Nature et la Vie. Aussi, tous types de matériaux naturels peuvent être utilisés. Par exemple, une branche marquée par la météo, des fruits, une feuille abîmée, une fleur simple ou extravagante. Chacun témoigne de la saison, de l’impermanence, du lieu d’où il provient.

Certaines écoles sont attachées plus que d’autres à n’utiliser que les fleurs d’un même lieu et de saison. D’autres développent des styles cherchant à reproduire une impression de paysage. Ou d’autres encore sont radicalement minimalistes, expressives. Dans ces dernières, l’ikebaniste procède davantage comme un sculpteur contemporain ou un designer floral.

Les contenants

La qualité et le choix du ou des vases jouent un rôle très important tant sa présence va impacter l’installation. Cependant, le contenant peut être étendu à tout l’espace environnant car notre œil englobe tous ces paramètres. Accessoires, objets d’art, calligraphie, origami, peuvent participer à la mise en scène et dialoguer avec le contenant et les végétaux.
Au Japon, le lieu privilégié pour présenter un ikebana est le tokonoma.

Notez que l’arrangement sera réalisé à l’endroit même où il restera exposé. Et la plupart du temps, ce type de composition ne se regarde que d’un point de vue : depuis l’endroit même où il a été réalisé. 

Le silence

Autre point distinctif : l’Ikebana est pratiqué en silence. C’est ce qui lui donne cette forte dimension d’art contemplatif au-delà du décoratif. Il est plus facile de rester centré sur ce que l’on fait dans une atmosphère de paix.
Nous ralentissons naturellement et nous devenons plus précis. Une sensation d’appréciation du moment présent permet de prendre le temps d’observer chaque élément passant dans nos mains. Tout cela transparaît dans le résultat de la composition.

Le silence peut être une difficulté pour certaines personnes. Dans un contexte contemplatif, nous rencontrons des phénomènes intérieurs que nous n’avons pas forcément l’habitude de percevoir et regarder en face dans notre quotidien. Ramener notre esprit vers la réalisation d’une composition florale devient ici une aide précieuse pour apprivoiser ces mondes intérieurs. Une fois la confiance dans le silence établie, votre lien avec votre paix intérieure vous accompagneront partout.

Pré-requis ? Compétences ?

« Ici, nous n’avons pas à créer du beau ou faire de l’art« 

Aucun talent particulier n’est en jeu dans ce type de compositions.
L’élégance se fait de soi-même devant nous, en apprenant à voir, à équilibrer les végétaux, révéler l’essentiel.

Comme le dicton populaire le dit : c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Même la lenteur, la patience, la dextérité deviennent vos amis.

Mettre en lumière ce que la nature a à nous dire sur elle-même nous ramène en miroir à nous-même !
Par exemple, l’emploi de techniques pour faire plier les végétaux à nos desiderata de prouesses artistiques, parlera de notre relation contrôlante sur la nature. Ou, on se servira des ressentis de disharmonie ou disproportions dans le « mandala » de l’arrangement pour remonter à la source de ce qui est en questionnement ou a besoin d’être aidé en soi.

Lorsque nous sommes justes, habités par le Dào, le geste se fait doux. L’arrangement reflète notre maturité d’adulte apaisé qui a observé son environnement et chacun des éléments pour se mettre au service de la composition et du lieu.

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Le Kadō, la Voie des fleurs

Nous parlons ici de Dō, Dào (Voie) des fleurs (Ka)

Le mot « voie » peut être entendu et vécu de multiple façons car il touche des aspects très variés de la vie. Il sera teinté de notre culture et de notre « niveau de conscience ».
Par exemple, le Dào peut être vécu comme une quête spirituelle, une philosophie de vie, l’application de préceptes, un art d’être présent, de cultiver l’harmonie, et bien d’autres.
La voie n’est pas liée à une confession ou spiritualité en particulier. Elle est, et ce avant de choisir notre chemin pour la vivre et la manifester de notre façon unique.

Dans la pratique de l’art floral contemplatif asiatique, ce sera par exemple dans la façon dont nous habitons nos gestes, la joie d’être en lien avec la nature, les saisons, dans les qualités de cœur que nous mettons dans nos comportements que nous manifesterons nos compréhensions de la Voie des fleurs.

Le Kadō fait partie de l’ensemble des pratiques appelées « méditations en action« 

Comme expliqué plus haut, une des caractéristiques de l’Ikebana est de se pratiquer en silence. Tout en étant en mouvement, nous développons la synchronisation de notre corps avec notre esprit. Ainsi nous augmentons l’espace entre nos pensées. Nous apprenons à appuyer sur la touche « pause » nous permettant de faire un pas en arrière. Cela nous donne le temps d’observer, de ressentir ce qui se passe. Il nous est alors donné la possibilité d’agir autrement que selon nos schémas habituels.
L’humilité, la sincérité, le respect ont plus de chances de spontanément émerger. 
Ce faisant, nous avons accès à cette clarté instinctive et intuitive de ce qu’il y a lieu de faire ou non dans chaque situation.

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Transmissions, continuité & lignées

Élève de M. Jozef Prélis, de Mme Marcia Wang-Shibata ainsi que dans d’autres écoles d’Ikebana depuis plus d’une vingtaine d’années, je vous guiderai dans cette approche peu connue de l’art floral contemplatif simple et direct, appelé Kadō, le Dào des fleurs

Mme Marcia Wang Shibata

Fondatrice de l’école Kado-Ikebana® est d’origine sino-américaine, veuve de Kanjuro Shibata Sensei XX, facteur d’arc de l’empereur du Japon.

Tous deux furent des disciples et amis très proches du maître Tibétain Chögyam Trungpa Rinpoché. Celui-ci les amena à retrouver l’essence et l’authenticité de leurs enseignements respectifs : le Kadō, la voie des fleurs et le Kyūdō, la voie de l’arc.

J’ai été formée comme instructrice dans ces trois écoles depuis vingtaine d’années. J’ai étudié dans d’autres écoles et avec d’autres enseignants. Passant des fondements authentiques de l’art floral taoïste, au symbolisme traditionnel japonais et la créativité sans frontières contemporaines.

M. Jozef Prélis, Seihō

Maître de l’école Ohara et maître de Chadō, Jozef a également étudié dans l’école Sogetsu et avec Mme Marcia Wang Shibata.

Il est parmi mes professeurs et amis, une personne clé sur mon chemin dans la continuité de mon approfondissement de la Voie des fleurs. Il m’accompagne à présent de toute sa richesse dans le développement de mon autonomie respectueuse vis-à-vis des styles académiques.